20014989 - ultrasound image of baby in mother's womb

 

Toutes les grossesses et toutes les naissances ne se produisent pas de façon idéale. Cependant, il est possible de constater de plus en plus tôt d’éventuelles “anomalies”. Il s’agit de la Médecine Materno-Fœtale

La médecine hyperspécialisée est capable aujourd’hui de soigner voire sauver des enfants avant leur naissance. Peu de personnes le savent et il est donc important de diffuser l’efficacité et les espérances de la médecine materno-fœtale, c’est-à-dire médecine pour la mère et son enfant in utero.

Deux recommandations, deux lieux d’expertise mondiale dans ce domaine.:

Le professeur Henri Joyeux, cancérologue français de renom, recommande deux lieux d’expertise mondiale dans ce domaine.

– La Belgique, l’hôpital UZ Leuven de Louvain est reconnue concernant  les techniques miniaturisées appelées techniques mini-invasives. Elles concernent les fœtoscopies. Le meilleur exemple est celui de la hernie diaphragmatique congénitale. Ils sont pionniers au niveau mondial dans son traitement in utero pour les cas les plus sévères. Leur traitement augmente nettement (d’environ 50%) les chances de survie de l’enfant après la naissance. Cette technique est appelée FETO pour Fetoscopic EndoTracheal balloon Occlusion.

Le service a également dès le début 2012 lancé un programme de chirurgie materno-fœtale du spina bifida.

Il s’agit de l’Unité de médecine materno-fœtale du département d’obstétrique et gynécologie, division Mère et Enfant, à l’Hôpital Universitaire UZ Leuven de Louvain, dirigée par le Professeur Jan Deprest.

– A Philadelphie aux États-Unis, the Children’s Hospital of Philadelphia’s Center for Fetal Diagnosis and Treatment a comme spécialité la chirurgie materno-fœtale du spina bifida.

C’est cette équipe du Children’s Hospital of Philadelphia, dirigée par les professeurs Adzick et Flake, avec les équipes de l’Université de Vanderbilt au Tennessee et de San Francisco en Californie, qui ont développé et testé cette technique de chirurgie materno-fœtale à utérus ouvert du nom de “chirurgie materno-fœtale ouverte”.

Après 30 ans de recherche expérimentale sur l’animal puis chez l’homme, l’importante étude américaine MOMS (Management of Myelomeningocele Study) dirigée par l’équipe américaine de l’hôpital d’enfant de Philadelphie (9) a démontré dès 2011 la meilleure efficacité de la chirurgie materno-fœtale par rapport à la chirurgie standard après la naissance dans les premières 48h de vie. Cette étude a prouvé la sécurité pour la mère (pas de décès) et l’efficacité chez l’enfant ayant atteint l’âge de 2 ans et demi.

La médecine materno-fœtale

Cette partie vient de l’article du Professeur Joyeux suite à sa vite à l’Hôpital Universitaire UZ Leuven de Louvain en Belgique (3).

Question 1 : Quelles anomalies peut-on détecter pendant la grossesse par échographie, et à quel moment ?

Le fait de détecter une anomalie congénitale d’un enfant pendant la grossesse s’appelle le diagnostic anténatal ou prénatal. Il concerne l’embryon (jusqu’à 2 mois après la conception) et surtout le fœtus (au-delà de 2 mois jusqu’à sa naissance à terme). L’embryon et le fœtus sont devenus des patients à part entière puisque nous sommes capables de les soigner (4).

L’échographie permet aujourd’hui de détecter chez le fœtus avec le minimum de risques d’erreur – mais pas encore chez l’embryon, car il est trop petit, 2 centimètres à l’âge de 2 mois – des anomalies dans toutes les parties du corps. Ces anomalies sont dites “congénitales” car elles apparaissent avant la naissance et sont encore présentes à la naissance. Elles ne sont pas majoritairement d’origine génétique (liées à un gène défectueux) ou du moins pas considérée comme telles en l’état actuel des connaissances scientifiques.

Par ordre d’importance, lors de l’échographie de diagnostic anténatal on examine méthodiquement les organes vitaux (cerveau et moelle épinière, cœur, poumon) et les autres organes et parties du corps (membres, foie, reins, tube digestif…). Cela ne permet pas de voir 100% des anomalies-maladies qu’elles soient génétiques ou non génétiques.

On peut donc détecter par échographie des anomalies dès la première échographie qui a lieu pendant le premier trimestre de la grossesse, à 10-12 semaines d’aménorrhée (après les dernières règles). Le fœtus n’a que 2 mois et demi à 3 mois de vie intra-utérine.

En France, 3 échographies minimum sont systématiquement réalisées pendant la grossesse et remboursées entièrement par la sécurité sociale (5) à 12 semaines (3 mois), 22 semaines (5 mois et demi) et 32 semaines (8 mois). Elles évaluent l’état physique de l’embryon puis du fœtus avec deux objectifs très différents, s’il y a une anomalie : interrompre la grossesse ou s’orienter vers des solutions thérapeutiques avant et/ou après la naissance.

Question 2 : Ces anomalies congénitales sont-elles fréquentes ?

Oui les anomalies congénitales, toutes confondues, sont fréquentes puisqu’elles touchent 14% des enfants à la naissance. 3% des enfants à la naissance ont une anomalie congénitale sévère dite majeure, c’est-à-dire grave car nécessitant une prise en charge avant et/ou après la naissance. Une telle anomalie peut être mortelle pour le foetus ou le nouveau-né ou entraîner un lourd handicap chez l’enfant après sa naissance.

Les anomalies congénitales sont dans le monde la première cause de décès (mortalité) des enfants à un an de vie (20% des cas). Dans le monde 10% des décès secondaires à ces anomalies sont causés par les anomalies du système nerveux central, c’est-à-dire qui atteignent le cerveau et/ou la moelle épinière.

Les anomalies congénitales sont aussi la première cause de maladies plus ou moins lourdes (morbidité) des enfants à un an de vie. Les anomalies du cœur sont les plus fréquentes (25% des cas), suivies des anomalies des membres (20%) puis des anomalies du système nerveux central (cerveau et moelle épinière ; 10%).

Les anomalies qui risquent d’être visibles après la naissance conduisent le plus souvent à des interruptions médicales de grossesses, par exemple dans plus de 90% des cas pour la trisomie 21 (ou syndrome de Down) en France.

Question 3 : Qu’est-ce que cela signifie et quels en sont les enjeux ?

En France, comme en Europe d’après le registre EUROCAT, le nombre d’enfants nés vivants ou mort-nés, porteurs d’anomalies congénitales n’est pas connu pour le pays entier. Des estimations nationales de la prévalence (fréquence) peuvent être obtenues par projection à partir des données des 6 registres Français (Antilles, Auvergne, Bretagne, Paris, Réunion, Rhône-Alpes). Les 6 registres représentent environ 20 % du total des naissances en France de 2011 à 2013.

Ainsi de 2011 à 2013, la prévalence totale de nouveau-nés (y compris les IMG et les mort-nés) porteurs d’anomalies congénitales graves en France est estimée à 3,4 cas pour 100 naissances, soit un peu plus de 28 000 cas par an dont environ 20 800 nouveau-nés vivants, 440 mort-nés et 6 600 IMG (cf. site InVS (6)).

* Professeur Jan Deprest

Gynécologue-obstétricien, spécialiste en médecine materno-fœtale, chirurgien fœtal
– Unité de médecine materno-fœtale, Département d’Obstétrique et de Gynécologie, Division Mère et Enfant, Hôpital Universitaire UZ Leuven, Louvain, Belgique.
– Centre de Technologies Chirurgicales, Département de Développement et Régénération, Sciences Biomédicales, Faculté de Médecine de Louvain (KU Leuven), Belgique.
– Research Department of Maternal Fetal Medicine, UCL Institute for Women’s Health (IWH), University College London, England.

** Docteur Luc Joyeux

Chirurgien pédiatrique, spécialiste en médecine materno-fœtale
– Centre de Technologies Chirurgicales, Département de Développement et Régénération, Sciences Biomédicales, Faculté de Médecine de Louvain (KU Leuven), Belgique.

 

(1) Le professeur Henri Joyeux est Chirurgien Cancérologue, il est Spécialiste International de la prévention par la nutrition des maladies de civilisations. Fort de sa notoriété, le professeur Joyeux dénonce le recours quasi obligatoire pour les parents au vaccin hexavalent (DTPolio-Hib-Coqueluche-Hépatite B, appelé Infanrix Hexa). Ce vaccin, l’Infanrix Hexa contient «de l’aluminium et du formaldéhyde, deux substances dangereuses, voire très dangereuses pour l’humain, et en particulier le nourrisson ». En effet, l’Infanrix Hexa est le seul vaccin en France qui ne souffre d’aucune pénurie sur le marché, à la différence des vaccins tétravalents (DTpolio-Coqueluche) et pentavalents (DTPolio-Hib-Coqueluche).

(2) https://professeur-joyeux.com/de-la-beaute-et-de-la-fragilite-dune-naissance/

(3) Nous n’évoquerons pas ici le diagnostic préimplantatoire qui correspond à un diagnostic génétique réalisé sur un œuf-embryon humain, obtenu en laboratoire in vitro, avant son implantation dans l’utérus pour une grossesse future.

(4) Vous remarquerez que c’est l’assurance maladie qui rembourse, alors que la grossesse n’est pas une maladie et que dans 86 % des cas l’embryon ou le fœtus vont très bien.

(5) InVS signifie Institut veille sanitaire; http://invs.santepubliquefrance.fr/Dossiers-thematiques/Maladies-chroniques-et-traumatismes/Malformations-congenitales-et-anomalies-chromosomiques/Donnees